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Fukushima en 2018

Impact sur la santé en 2018 de l’accident de Fukushima Daiichi

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Dès la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires japonaises ont conçu et mis en place un programme d’études épidémiologiques et de suivi sanitaire afin d’évaluer puis suivre au cours du temps l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

De mars 2011 à décembre 2011, les territoires contaminés sont classés en deux grandes zones
Description du programme de suivi sanitaire des habitants de la préfecture de Fukushima

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L’Université médicale de Fukushima (FMU) coordonne un vaste programme de suivi médical des habitants de la préfecture de Fukushima. Ces études épidémiologiques sont basées sur un questionnaire complété, dans certains cas, par la réalisation d’examens médicaux. Les résultats permettent de disposer d’informations sur l’incidence de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers solides, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d’évaluer, en fonction de leur évolution dans le temps, les éventuelles conséquences sanitaires de l’accident.

 

 

Télécharger la note 2011-2018 : les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima (PDF, 524 Ko)

 

 

 

Dernier bilan des études épidémiologiques conduites sur les habitants de la préfecture de Fukushima

Enquête de base à destination de tous les habitants de la préfecture de Fukushima

 

   
Selon le dernier bilan réalisé au 30 juin 2017, 566 773 personnes parmi les 2 055 258 habitants de la préfecture de Fukushima ont répondu au questionnaire depuis que celui-ci a commencé à être distribué.

 

Parmi les 464 420 résidents de la préfecture de Fukushima  (hors travailleurs de la centrale) pour lesquels une dose externe a été estimée, 62 % des résidents évalués auraient reçu au cours des 4 premiers mois après l’accident des doses externes inférieures à 1 mSv et moins de 0,003 % des personnes évaluées auraient reçu des doses supérieures à 15 mSv (voir graphique ci-contre). La dose externe maximale reçue est estimée à 25 mSv.

Ce bilan ne montre aucune évolution significative dans le temps.

 

Suivi de la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs

Afin d’évaluer la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs, la FMU a réalisé une vaste campagne d'échographies de la thyroïde auprès des 360 000 enfants âgés de 18 ans ou moins et qui étaient présents dans la préfecture de Fukushima au moment de l’accident.

  • Au cours de la première campagne (avril 2011 - mars 2014), 300 473 enfants ont effectué un bilan thyroïdien, dont 2 294 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires.  Au total, la présence d’un cancer de la thyroïde de type carcinome papillaire a été confirmée chez 100 enfants, un cancer de la thyroïde peu différencié chez un enfant et enfin une tumeur bénigne chez un enfant.
      
  • Dans le cadre de la deuxième campagne (avril 2014 - mars 2016), 270 497 enfants ont effectué un bilan thyroïdien, dont 2 226 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. La présence d’un cancer de la thyroïde de type carcinome papillaire a été confirmée chez 48 enfants à laquelle il faut ajouter un autre type de cancer de la thyroïde (non précisé) chez un autre enfant.
      
  • La troisième campagne (avril 2016 - mars 2018)  n’est pas encore terminée. Au 31 décembre 2017, 179 038 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien, dont 1 199 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. L’analyse des 7 thyroïdes prélevées par ablation chirurgicale  a confirmé la présence d’un cancer de la thyroïde de type adénocarcinome papillaire chez les 7 enfants.

 

Le dépistage systématique montre un taux élevé de nodules tumoraux de la thyroïde chez les enfants âgés de 18 ans ou moins au moment de l’accident. Cependant, il peut révéler des cancers thyroïdiens qui n’auraient pas progressé et n’auraient jamais été diagnostiqués en l’absence d'examen. Le dépistage entraîne un sur-diagnostic des cancers thyroïdiens, c’est-à-dire une détection de cas pour lesquels il n’y a aucun bénéfice médical.

Il faut également faire la distinction entre la prévalence et l’incidence de nodules ou cancers de la thyroïde. La prévalence correspond à la fréquence de personnes atteintes d’une maladie à un moment donné, incluant à la fois les nouveaux cas et les anciens cas. L’incidence correspond à la fréquence de nouveaux cas d’une maladie sur une période donnée.

La poursuite des campagnes de dépistage devrait fournir une base pour mieux quantifier l’impact du sur-diagnostic et pour évaluer l’hypothèse d’un lien entre le cancer thyroïdien et l’exposition des enfants aux rayonnements ionisants suite à l’accident (incidence).

 

Suivi des personnes évacuées

Les 210 000 personnes qui ont été évacuées dans les semaines suivant l’accident sont conviées une fois par an pour un bilan médical approfondi. Le bilan réalisé au 31 décembre 2015, dont une partie a été mise à jour le 15 février 2016, a montré une diminution du taux de participation. Cette tendance semble indiquer une moindre inquiétude des personnes évacuées qui semblent se sentir de moins en moins concernées par les éventuelles conséquences sur leur santé des expositions qu’elles auraient subies au moment de l’accident.

Les bilans montrent également une tendance globale à l’amélioration de l’état de santé physique des personnes évacuées, très probablement liée à une amélioration progressive de leurs conditions de vie qui s’étaient dégradées dans les premiers mois après l’accident.

S’agissant de l’évaluation des conséquences psychologiques de l’accident, 4 386 personnes (473 enfants et 3 913 adultes) ont bénéficié d’un soutien téléphonique. Chez les enfants, les problèmes étaient principalement : des émotions exacerbées (38%), un caractère irritable (34%), des problèmes relationnels avec leurs amis (33%, un comportement de rébellion (31%). Chez les adultes, 35 % des personnes jointes par téléphone étaient concernés par un syndrome dépressif, 15% par une diminution de leur condition physique et 13% par la prise de psychotropes.

 

Suivi des femmes enceintes au moment de l’accident et leurs enfants

À l’image des autres études épidémiologiques, une diminution régulière du taux de participation est constatée sur l’enquête auprès des quelques 20 000 femmes se trouvant dans la préfecture de Fukushima et ayant déclaré une grossesse à partir du 1er août 2010. Au fur et à mesure du temps, il semble que cette population se sente de moins en moins inquiètes quant à son exposition aux rayonnements ionisants consécutive à l’accident nucléaire.

Les principaux enseignements tirés de l’enquête publiée en février 2015 sont les suivants :

  • Après une légère augmentation du taux d’avortements entre 2011 et 2012, ce taux (0,04%) est à la baisse en 2013 ;
  • le taux de fausses couches n’a pas connu d’évolution significative sur la période août 2010 - juillet 2013 ;
  • le taux de malformation à la naissance est resté comparable à la moyenne nationale japonaise au fil du temps ;
  • le taux de naissances prématurées est proche du taux observé pour l'ensemble du Japon.

     

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