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Cohorte SELTINE : Suivi épidémiologique longitudinal des travailleurs de l’industrie nucléaire française

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Dernière mise à jour en janvier 2021

 

Contexte


L'effet cancérigène de l'exposition aux rayonnements ionisants est aujourd'hui bien documenté pour des niveaux de dose élevés. Un accroissement du nombre de cancers dans des populations exposées à des doses moyennes à élevées (i.e., supérieures à 100 milliSievert[1], mSv) a été observé dans de nombreuses études épidémiologiques : survivants des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, patients de radiothérapies, radiologues, expositions accidentelles… (UNSCEAR 2008). Sur la base des connaissances issues de l'épidémiologie et de la radiobiologie, un système de radioprotection a été élaboré pour protéger les différentes populations exposées (patients, travailleurs, population générale) des effets néfastes des rayonnements ionisants sur la santé. Ce système, mis en place dans les années 1950, est révisé régulièrement. Cependant, de nombreuses incertitudes persistent à ce jour quant à la quantification des risques radio-induits par des expositions chroniques ou répétées à de faibles doses. Par ailleurs, l'hypothèse de possibles effets sur le système circulatoire en réponse à de telles expositions fait aujourd'hui l'objet d'un intérêt croissant.


Les travaux de recherche conduits au sein du Laboratoire d'épidémiologie des rayonnements ionisants (LEPID) de l'IRSN visent précisément à améliorer la connaissance des effets sanitaires pouvant résulter d'expositions à de faibles doses de rayonnements ionisants. Ainsi, les chercheurs du LEPID mènent depuis plusieurs dizaines d'années des études épidémiologiques sur les travailleurs de l'industrie nucléaire (Samson et al., 2018). L'intérêt de ces études est triple : (i) fournir un bilan de la mortalité ou de la morbidité des travailleurs concernés, pertinent dans le domaine de l'évaluation de la santé au travail, (ii) permettre une estimation des risques à long terme potentiellement associés à une exposition répétée à faibles débits de dose aux rayonnements ionisants, (iii) évaluer le bien fondé des mesures de radioprotection en vigueur. Dans ce contexte, l'IRSN a constitué une cohorte nationale de travailleurs du nucléaire, la cohorte SELTINE.


Objectif


SELTINE est une étude épidémiologique sur les travailleurs de l'industrie nucléaire française issue de la fusion en 2012 de deux cohortes du LEPID : la cohorte CEA-Orano et la cohorte EDF, mises en place dans les années 1990. Les études épidémiologiques menées sur la cohorte SELTINE visent à approfondir la connaissance des risques de décès par cancers ou par pathologies non cancéreuses (comme les pathologies de l'appareil circulatoire par exemple) en relation avec une exposition professionnelle chronique externe à de faibles doses de rayonnements ionisants (principalement X et gamma). Elles ont pour objectif de quantifier les risques et de les décrire (ou modéliser) en fonction de facteurs comme le sexe, l'âge, la durée d'emploi ou le délai depuis l'exposition. Ces études permettent de suivre l'état de santé des travailleurs du nucléaire au cours du temps. Etant conduites à des fins scientifiques, les études menées sur SELTINE font l'objet d'une déclaration spécifique à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL, demande d'autorisation n° 911399 et décision DR-2012-611 du 17 décembre 2012).


Description


En 2017, la cohorte SELTINE était constituée de près de 60 000 travailleurs embauchés au moins un an avant 1994 par le CEA, Orano ou EDF et ayant porté un dosimètre dans le cadre de la surveillance réglementaire de l'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants. Elle constitue l'étude de travailleurs du nucléaire la plus importante réalisée en France. L'historique professionnel des travailleurs a été reconstitué depuis 1950, année des premières embauches au CEA. L'enregistrement des données dosimétriques individuelles a permis de calculer les doses reçues annuellement par chaque travailleur, et ce depuis 1950. Le statut vital au 31/12/2004 et, le cas échéant, les causes médicales de décès, ont été obtenus pour chaque travailleur par croisement avec les registres nationaux (Insee[2], Inserm[3]). A partir de ces informations rendues anonymes selon les critères de confidentialité et de protection des données de la CNIL, des analyses statistiques sont réalisées par le LEPID.


Principaux résultats


L'étude de la mortalité dans la cohorte SELTINE a été réalisée sur la période 1968-2004, avec une durée moyenne de suivi des travailleurs de 25 ans (Leuraud et al., 2017). Sur 59 004 travailleurs, 6 310 décès ont été observés, dont 2 356 par cancer solide et 57 par leucémie non lymphoïde chronique.[4] La dose individuelle moyenne cumulée sur l'ensemble de la carrière était de 18 mSv. Un déficit de mortalité de 40 % par rapport à la population générale française a été observé. Cet effet, connu sous le nom d'effet du travailleur sain, est classiquement attendu dans les cohortes professionnelles encore jeunes comme l'est la cohorte SELTINE (56 ans en fin de suivi en moyenne). L'analyse de la relation entre mortalité et exposition cumulée aux rayonnements ionisants a montré une augmentation non statistiquement significative du risque de décès pour les cancers solides, de l'ordre de 4 % pour une exposition cumulée de 100 mSv. Ce coefficient de risque, bien que non significatif, est cohérent avec ceux observés dans d'autres cohortes (Schubauer-Berigan et al., 2015 ; Haylock et al., 2018). Une augmentation significative du risque de décès par leucémie myéloïde a été observée en association avec la dose cumulée et une augmentation non significative a également été observée pour les maladies de l'appareil circulatoire (Leuraud et al., 2017). Des analyses de sensibilité de la relation dose-réponse vis-à-vis d'autres sources d'exposition aux rayonnements ionisants (contamination interne, exposition environnementale, exposition médicale) ont confirmé la persistance d'une augmentation du risque de décès par cancer associée à l'exposition externe aux rayonnements ionisants (Fournier et al., 2016 ; Fournier et al., 2018) (thèse L. Fournier 2017).


La cohorte française a contribué à l'étude conjointe internationale « 15-pays », coordonnée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), sur le risque de décès par cancer lié à une exposition chronique à de faibles doses de rayonnements ionisants chez les travailleurs du nucléaire. Cette étude internationale, qui a porté sur plus de 400 000 travailleurs du nucléaire, a montré un excès de risque de cancer dans cette population, en relation avec une exposition aux rayonnements ionisants, même à de faibles doses (Cardis et coll. 2005, Cardis et coll. 2007, Vrijheid et coll. 2007). Plus récemment, SELTINE a contribué à l'étude internationale INWORKS  coordonnée par le CIRC, regroupant les données de trois cohortes de travailleurs française, britannique et américaine. Les résultats d'INWORKS montrent que la relation entre le risque de décès par cancer et une exposition chronique à de faibles doses de rayonnements ionisants est similaire à celle déjà connue pour des doses délivrées à fort débit de dose (Leuraud et al., 2015 ; Richardson et al. 2015 ; Laurier et al., 2017).


Perspectives


La prolongation du suivi de la cohorte SELTINE et l'élargissement de son périmètre aux salariés embauchés après 1994 au CEA, à EDF ou à Orano permettra d'améliorer la connaissance des effets sanitaires d'une exposition chronique par voie externe à de faibles doses de rayonnements ionisants. D'autres études épidémiologiques conduites par le LEPID permettent également de considérer des types d'exposition différents aux rayonnements ionisants, en particulier le risque lié à des contaminations internes (incorporation d'uranium dans l'organisme) chez les travailleurs du cycle du combustible (voir étude TRACY). D'autre part, l'accès aux données du Système National des Données de Santé (SNDS) ouvre de nouvelles perspectives pour étudier l'incidence des maladies (plutôt que la mortalité) dans les études épidémiologiques : les chercheurs du LEPID réalisent une étude de la faisabilité visant à estimer l'incidence des cancers dans une partie de SELTINE (pour les salariés d'EDF) à partir des données du SNDS. Les résultats sont attendus dans les années à venir. L'ensemble de ces résultats apportent des informations utiles à la vérification des hypothèses sur lesquelles se fonde l'établissement des normes de radioprotection. Ces résultats n'auraient pas été possibles sans un travail de constitution des cohortes réalisé depuis plus de 25 ans et la collaboration des exploitants nucléaires.

 

Financement


IRSN, EDF, Orano


Information CNIL pour les personnes incluses dans l'étude SELTINE


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Vous pouvez exercer ces droits auprès du délégué à la protection des données de l'IRSN à l'adresse e-mail : donnees.personnelles@irsn.fr



[1] le milliSievert (mSv) est l'unité de dose utilisée en radioprotection. Pour comparaison, la dose moyenne reçue par la population française en 2016 du fait de l'ensemble des sources d'exposition est estimée à 4,5 mSv

[2] Institut national de la statistique et des études économiques

[3] Institut national de la santé et de la recherche médicale

[4] les leucémies lymphoïdes chroniques ne sont pas considérées à ce jour comme potentiellement radio-induites.


Références


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